Le journalisme vu par Clara, 19 ans.

J’ai rencontré Clara lorsque j’étais en alternance à l’Atelier des Médias, l’émission médias de RFI. Clara avait à l’époque 17 ans, et tenait assidûment un blog intitulé « Pure Génération Z » sur lequel elle publiait (et publie toujours) des articles sur sa vie, ses loisirs, et la façon dont elle perçoit sa génération : les « Z ».

A l’heure où cette génération s’informe quasi exclusivement à travers les réseaux sociaux, elle, a fait le choix de devenir journaliste, et a débuté des études en éco-gestion et journalisme à l’ESJ. Je lui ai posé quelques questions sur son rapport aux médias et à son futur métier.

Clara, qui es-tu ?

Je suis Clara Delcroix, je viens d’avoir 19 ans. Je suis actuellement étudiante en 2e année dans un double cursus : l’Académie ESJ Lille. Je prépare une licence en éco gestion et j’ai des cours d’initiation au journalisme (français, actu, anglais, etc.).

À côté, depuis 2016, je suis blogueuse sur la plateforme de blogueurs francophones de RFI : Mondoblog. Mon blog s’intitule Pure Génération Z. Je tiens aussi un blog de cuisine (accompagné de toute une présence en ligne, sur les médias sociaux) avec mon père et ma sœur : la cuisine de mémé Moniq.

Depuis l’année dernière, je me suis mise à la vidéo mobile en faisant notamment des vidéos pour Les Haut-Parleurs, diffusées par TV5MONDE et France 3 Hauts-de-France, ainsi que pour le Labo 148 de Roubaix.

Et cette année je me mets à la radio ! 😊 Mélissa, rencontrée lors de la formation Mondoblog en 2016, m’a proposée de faire des chroniques pour Radio Campus Tours.

J’ai aussi un blog « perso ». J’avais commencé à faire une revue de presse sur l’avenir du journalisme, mais ayant quelques soucis avec mon compte Twitter, c’est en stand-by pour le moment. Mais ça devrait reprendre un jour ou l’autre. 😉

Tu es étudiante en école de journalisme, pourquoi avoir fait le choix de devenir journaliste ?

Ouh là… En réalité, c’est un vieux rêve d’enfant : depuis que je suis en CE1, je dis que je veux être journaliste. À l’époque, je m’empressais d’ajouter « mais pas comme maintenant ! ».

Lorsqu’en 3e il m’a fallu trouver un stage d’observation, je voulais – évidemment – quelque chose dans le domaine du journalisme ! Au final, j’ai passé 3 jours à France 3 Nord-Pas-de-Calais. Je me souviens que j’étais hyper-impressionnée dès que j’entrais dans le bâtiment, mais j’en garde un super souvenir.

Je dirais que ma principale motivation pour ce métier, c’est qu’il n’y a pas de routine, toujours de nouveaux sujets ! Donc on apprend tout le temps de nouvelle chose. Et puis être journaliste, c’est un bon moyen de cacher sa curiosité : on peut poser plein de questions, et personne ne nous le reprochera.

Avoir la possibilité de travailler sur le terrain et pas uniquement enfermé dans un bureau (après, tout dépend de sa spécialisation) me semble aussi important.

Et enfin, plus récemment, j’ai découvert que j’adore écouter les histoires des gens. Monsieur et Madame tout le monde ont parfois des choses extraordinaires à raconter !

A quoi penses-tu que ton métier ressemblera une fois les études terminées ?

Personnellement, je me vois pigiste, freelance. Je sais que pour beaucoup d’aspirants journalistes, ce statut ne fait pas trop rêver. Mais moi il ne me dérange pas. Je ne veux pas dépendre d’une rédaction, et j’ai envie de pouvoir travailler sur différents supports (photo, vidéo, texte, son).

J’aimerais me spécialiser dans les activités outdoor, les voyages ou l’international. Pourquoi pas vivre à l’étranger, ou bouger plus ou moins régulièrement. Peut-être devenir correspondante ? J’aime beaucoup apprendre les langues (je parle anglais, allemand, français évidemment, un peu espagnol et j’apprends le russe) et découvrir de nouvelles cultures.

En fait, l’actu chaude ne me branche pas beaucoup. Je préfère prendre mon temps pour travailler un sujet, et l’explorer à fond.

Le data journalism peut être une autre voie. Je suis en éco gestion, et j’aime bien analyser les données. Et j’apprends aussi quelques langages de programmation. C’est toujours ça de pris, une corde de plus à mon arc.

En outre, je me dis que j’aurais peut-être d’autres activités à côté (continuer à m’occuper de La cuisine de mémé Moniq par exemple), ce qui se combine bien avec le statut de pigiste.

Comment imagines-tu la profession ?

Je pense que le journalisme est en train d’évoluer. Les limites entre les différents canaux de diffusion deviennent plus floues (les journalistes de journaux papier se retrouvent à faire des vidéos !). Et pas mal de nouveautés viennent tout chambouler : chatbot, blockchain, intelligence artificielle, réalité augmentée… et tellement d’autres ! On peut même citer les réseaux sociaux. Ils sont déjà installés depuis un moment, mais apportent toujours leur lot de nouveautés : récemment la montée en puissance du format vertical (format « stories Instagram »).

En exploitant ces nouveaux outils de manière appropriée, les journalistes pourront créer de belles choses, de nouvelles manières de communiquer l’information. Mais pour y parvenir, ils devront avant tout être créatifs et un brin multitâches.

Dans l’ensemble, de nombreux métiers sont en train d’évoluer… Le journalisme sous sa forme actuelle n’existera peut-être plus dans quelques années. Alors ce que je me dis, c’est « En France, peut-être que les diplômes sont importants, mais avant tout, amasse des connaissances, des compétences, de l’expérience. Au final, c’est ça qui sert vraiment ! ».

Notre source d’information n°1, c’est les réseaux sociaux, et bien souvent c’est une source unique.

 

Aujourd’hui, quel est ton rapport à l’information (en dehors de l’école) ? Lis-tu la presse papier ?

Si je n’avais pas été en école de journalisme, je pense que je me serais contentée de m’informer via les réseaux sociaux. Et peut-être aussi la Voix du Nord (mes parents y sont abonnés).

Quand je suis à Lille, oui, je lis la presse papier ! Mais je ne fais pas livrer La Voix du Nord en Lituanie. 😄 Donc cette année, je lis la presse papier en version numérique : La Voix du Nord tous les matins, L’Obs et Courrier International une fois par semaine.

A quoi ressemble une journée “classique” pour Clara Delcroix du point de vue de l’actualité ? Comment la consommes-tu ?

Le matin, avec mon petit déjeuner, je lis La Voix du Nord en version numérique. Ensuite, dans le bus jusqu’à la fac j’écoute le dernier journal de RFI (en podcast, je le télécharge avant de partir).

Pour le reste de la journée (pour d’autres trajets ou en faisant la cuisine par exemple), j’ai une (grande) sélection de podcasts que j’écoute plus ou moins régulièrement :

  • Grand Reportage (RFI)
  • L’instant M (France Inter)
  • Un jour dans le monde (France Inter)
  • Si loin si proche (RFI)
  • En sol majeur (RFI)
  • On va déguster (France Inter)
  • L’atelier des médias (RFI)
  • Arte Radio
  • Les chemins de la philosophie (France Culture)…
  • et puis quelques podcasts en anglais et en allemand.

Mais je n’écoute pas tout, tous les jours (certains podcasts paraissent de manière hebdomadaire) : je trie selon les sujets et ce que j’ai envie d’écouter.

De manière plus ponctuelle (pas tous les jours), je regarde On n’est pas couché et je lis les hebdomadaires (L’Obs et Courrier International). Je suis aussi abonnée à quelques médias sur YouTube, je regarde parfois leurs vidéos.

As-tu l’impression que ta génération perçoit l’information de la même manière ? Qu’est-ce qui diffère de la génération précédente, selon toi ?

Par rapport aux générations précédentes, je pense que l’image et surtout la vidéo nous touchent davantage. Si on voit un gros bloc de texte, on ne prendra pas le temps de lire (en général). Peut-être est-ce aussi dû à la consommation mobile de l’information (sur smartphone avant tout) : lire sur un petit écran, ce n’est pas toujours évident, on fatigue rapidement… mais regarder une vidéo, c’est ok !

Autre différence : notre source d’information n°1, c’est les réseaux sociaux, et bien souvent c’est une source unique. Beaucoup ne regardent pas la TV (les films et séries se regardent en streaming, sur Netflix ou autre), n’écoutent pas la radio et ne sont pas abonnés à des journaux papier. Pourquoi payer quand on peut tout avoir gratuitement sur Internet ?

Mon cas est un peu particulier, étant en école de journalisme, on nous incite à lire la presse, et des sujets plus approfondis. Mais pour d’autres personnes de ma génération, des médias comme Brut ou Konbini fonctionnent très bien il me semble.

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