Pas de vacances pour les freelances ?

Je viens de rentrer à Paris, après 10 jours de “semi-vacances”.

L’un des avantages de l’indépendance est que le retour au travail n’est pas aussi brutal qu’un retour au bureau, avec patrons et obligations. Les journées ne sont pas pleines, et c’est aussi l’occasion de caler des cafés avec des confrères / consoeurs ou de reprendre contact avec d’anciens camarades de classe.

C’est comme ça que j’ai revu l’un d’entre eux, lui-même de retour de vacances. Sauf que lui est parti 3 mois, en coupant tout contact avec le journalisme. Il m’a confié avoir, depuis son retour, un regard un peu désabusé, déçu ou en tout cas paniqué à l’idée de se remettre dans le bain. Il a perdu tous ses repères, et appréhende la reprise.

Cette sensation d’avoir “décroché” sans être capable de pouvoir raccrocher son wagon à un train lancé à vive allure, je l’ai aussi ressentie. L’année dernière, en rentrant d’un voyage aux États-Unis lors duquel j’ai presque tout coupé. Il s’agissait de deux petites semaines, pourtant, par la suite, il a été très difficile de “m’y remettre”.

Encore une fois, être journaliste pigiste, c’est être seul, responsable de soi, et proactif. Seul pour vous sortir de votre lit quotidiennement, seul pour remuer votre carnet d’adresses, pour trouver de nouvelles idées de sujets… Par moment, il faut de la force pour se mettre un gros coup de pieds aux fesses et remonter en selle. D’autant que les gens ne vous attendent pas ! Votre réseau avance aussi, les rédacteurs en chefs travaillent avec d’autres pigistes, et reçoivent quotidiennement un grand nombre de CV et de synopsis. 

Bref, il est facile de se sentir largué(e) rapidement.

Mais alors quoi, on n’a pas le droit de partir en vacances ?

Bien sûr que non ! Tout humain normalement constitué a besoin de repos. D’autant que nos cerveaux sont constamment sollicités. Se tenir informé est un travail du quotidien, qui ne connaît pas les horaires de bureau. L’actualité peut tomber à n’importe quel moment. Idem pour la veille. Bref, il y a un moment où, naturellement, il faut faire une pause.

La vraie question est de savoir si on coupe tout (téléphone, mails, réseaux sociaux, applications) ou simplement une partie.

Personnellement, je trouve ça plus facile de ne couper qu’une partie. Même si je sais que la plupart des médecins, psy et autres, diront que ce n’est pas sain. Mais je trouve plus difficile de raccrocher son wagon après une looongue pause, que de trouver un certain équilibre permettant de travailler ET de profiter des vacances.

Pour ma part, c’est testé et approuvé.

Je m’explique : la veille du jour de départ en vacances, deux rédactions m’ont téléphoné pour me commander deux articles. J’aurais pu dire non, en expliquant que je partais en vacances. Mais je ne suis pas encore assez rentable pour refuser un travail. Je me suis donc retrouvée avec, en tout, deux jours de boulot.

Quelle organisation ? 

1/ Je l’ai joué « cool »

Le stress est l’ennemi de la productivité. J’étais à la montagne, air pur et soleil au rendez-vous. Et j’avais la possibilité d’aller travailler dans un café, au bas des pistes. Il y a bien pire comme conditions de travail…

2/ J’ai anticipé et je me suis organisée 

Et puis, j’ai très rapidement lancé les demandes d’interviews (le jour même de mon départ), en précisant quels jours et heures je serais disponible. J’ai essayé d’être efficace. Je veux dire, aussi efficace que si je travaillais de chez moi, avec une amplitude horaire plus grande.

J’avais de toute façon des contraintes l’après-midi, parce que j’étais inscrite à des cours de ski. Je me suis donc organisée pour n’avoir à travailler que le matin, et le soir, une ou deux heures mais pas plus, tout en répondant aux quelques mails que j’ai reçu. 

L’idée était aussi d’anticiper un maximum. L’une des deux commandes était à rendre pour mardi soir, et il était prévu que je reçoive le reste des infos… mardi matin.

Finalement, avec une bonne organisation, je m’en suis sortie. Et je n’ai pas eu le sentiment de louper quoi que ce soit de mes vacances. La majeur partie du temps, j’ai bien profité. Je m’arrêtais pour déjeuner afin de ne pas être seule toute la journée. Et une fois tout le monde rentrés des pistes, je lâchais mon ordinateur.

Encore une fois, j’avais le choix, j’aurais très bien pu refuser ces deux articles. Néanmoins, un pigiste qui s’arrête de produire, c’est comme un boulanger qui s’arrête de fabriquer du pain : il n’a plus de revenu.

Les pigistes n’ont pas de congés payés. Mais ça ne rime pas forcément avec l’obligation de travailler pendant les vacances. Vous pouvez par exemple décider de travailler plus le mois précédent vos vacances, ou choisir de mettre de l’argent de côté toute l’année durant. Cela reviendra au même.

En bref, travailler ou non pendant les vacances, cela dépend des envies, capacités, de chacun.

Pour ceux qui font le choix de travailler tout en profitant, il y a plusieurs avantages : votre lieu de villégiature peut être un vivier de nouvelles idées d’articles, d’interviews, de reportages… il faut y penser. En quelque sorte, cela participera à rentabiliser vos vacances !

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