Léa Dall’Aglio et Vincent Guerrier racontent Maladesdesport.fr

Derrière Malades de Sport, un site d’informations dédié à l’impact de l’activité physique sur les maladies graves, comme le cancer, il y a Léa Dall’Aglio et Vincent Guerrier. Leur site, c’est une belle histoire : d’amour, de vie, et de journalisme. Une belle histoire, qui a pourtant commencé par une mauvaise nouvelle… Rencontre. 

À l’été 2016, Vincent a 23 ans. Il vit sa vie comme n’importe quel jeune homme de son âge. Il fait du sport – notamment du cyclisme – et mène depuis près de deux ans des études de journalisme en alternance à l’ESJ Pro. Léa est, elle aussi en alternance, mais chez Ouest France. C’est à l’école, à Montpellier, qu’ils se sont rencontrés. Cet été-là donc, sur le point de boucler deux années d’alternance, Vincent et Léa filent le parfait amour. Cet été-là, Vincent apprend aussi qu’il a un cancer. 

« N’espérez pas courir un marathon ! »

Très vite, Léa demande sa mutation à Caen, où se trouve Vincent, pour être à ses côtés pendant la maladie. Soudés, ils font tout ensemble. Elle l’accompagne chez le médecin, ils organisent leur quotidien, face à un emploi du temps qui se compose en partie de séances de chimiothérapies… Et rapidement, Vincent se pose la question du sport. Qu’en sera-t-il pendant cette période ? Aura-t-il le droit d’avoir une activité physique, au moins réduite ? “Le médecin restait évasif, se souvient Léa. Il ne l’a pas encouragé à faire du sport, mais ne lui a pas non plus posé de limites”. La tumeur étant localisée au niveau des poumons et du coeur, d’autres spécialistes ayant en charge le dossier médical de Vincent sont plus sceptiques. “N’espérez pas courir un marathon” lui dit-on.

Vincent est déçu, et Léa tente de lui remonter le moral. “Je lui ai dit qu’il fallait surtout qu’il écoute son corps” raconte-t-elle. Elle lui propose alors de commencer à s’entrainer, doucement, mais sûrement. “Peu importe si ça devait prendre 10 ans, ce marathon, on voulait le faire !”, se souviennent-ils. Pas de marathon, lui dit-on ? Marathon il y aura !

Malades de sport 1

Pendant plusieurs mois, le couple s’entraîne, jusqu’à remarquer, contre toute attente, que le sport commence à avoir des effets positifs sur la santé de Vincent. “Il était en meilleure forme. Très rapidement, il s’est senti prêt à courir ce marathon”. Fin février, Vincent termine la chimio. Le 8 mai, le jeune couple court le marathon de la route du Louvre, entre Lille et Lens.

“Caen, mercredi 14 juin 2017. Champagne ! Ce lundi de mars, on fête au restaurant notre décision de lancer notre projet.”

Vincent va mieux, Léa et lui sortent la tête de l’eau et commencent enfin à regarder vers l’avant. Un constat s’impose à eux : le sport a été bénéfique pour Vincent, il a servi de palliatif à son cancer, et a aidé à sa rémission.

Mais tous deux déplorent une chose : “le reflex du sport pendant une maladie, un cancer, n’est pas quelque chose qui est forcément pris en compte. Pourtant, une activité sportive réduit le taux de rechute de 40% ! C’est énorme ! Qui plus est, il y a un manque d’informations dans les médias et auprès des patients à ce sujet”.

Une idée de documentaire, et un site internet 

Convaincus que le sport peut être une thérapie en cas de maladie grave, Léa et Vincent veulent désormais faire connaître leur histoire, et par la même occasion, combler un vide, un manque d’informations pourtant très utiles autant pour les médecins que pour les patients.

Comment ? Leur idée première est celle d’un documentaire. Mais ni Léa ni Vincent ne sait comment il faut s’y prendre. “On voyait qu’il y avait un créneau à prendre sur ce sujet-là. On voulait essayer de faire quelque chose. Mais nous étions confrontés à des difficultés dont celle de savoir comment produire un documentaire. Nous étions seuls, sans rédactions, sans rémunération. Toute la logistique nous était étrangère” se souviennent-ils.

Et puis, un jour du mois de juin, après de longues semaines de réflexion, ils décident d’enclencher la première vitesse. Leur décision est prise : s’ils ne savent pas produire de documentaire, tant pis, ils avanceront pas à pas. En commençant par faire ce qu’ils connaissent le mieux : écrire. Début septembre 2017, Malades de Sport voit le jour.

De l’info… mais pédagogique 

Seuls, mais avec la volonté ferme de répondre à une absence d’informations sur un sujet qui les a particulièrement touché, Léa et Vincent se lancent dans la grande aventure, leur projet journalistique sous le bras.

Chaque semaine, ils publient des articles dans lesquels ils donnent souvent la parole aux malades. On trouve aussi des reportages, des interviews – dont celle, récemment publiée, du député LREM Beljhir Belhaddad

Sur le site, leur objectif est toujours le même : “Ce que nous voulons, c’est permettre aux lecteurs de comprendre le sujet avec de vrais mots, techniques parfois, mais justes”. Et pour ce faire, ils ont eu l’idée de créer des infos-bulles sur les mots un peu compliqués, donnant ainsi à leur projet une dimension pédagogique. “Lorsque l’on passe la souris sur le mot, un encadré s’ouvre avec une définition”, détaille Léa, “on veut être très très précis. On fait attention à ne pas trop vulgariser”.

À deux articles de fond par semaine, le rythme, l’implication et la rigueur sont quasi-professionnels. À la différence, qu’ils n’ont pas de rémunération. Enfin, pas encore. “Le but est d’essayer de vendre nos articles, avant qu’ils soient publiés sur le site” explique Léa.

Alors pour l’instant, le jeune couple vit du chômage, le temps de se remettre en selle. “On se laisse un an et demi maximum pour tenter de développer le site, et réfléchir à notre projet de documentaire”, développe Vincent. Car à terme, c’est bien ce projet-là qu’ils aimeraient développer. “Mais on sait que ça ne se fera pas en six mois. La production d’un documentaire peut prendre entre un et cinq ans !” pointent-ils, pas démotivés du tout, et avec la profonde envie de mener à bien leur projet. “Quand on voit l’influence qu’ont eu l’expérience de Vincent et le site internet, on se dit que ce que l’on fait peut vraiment être utile, et ça, c’est ultra motivant !”.

Changer les discours 

À la suite de cette belle histoire, l’oncologue de Vincent – qui était au départ, très sceptique – a en effet décidé de mettre en place des cours de sport en chambre à l’hôpital. “Son discours a complètement changé, se satisfont-ils, désormais, il est convaincu que le sport et le cancer ont bien un lien”. Une petite victoire pour Léa et Vincent, qui présage de la réussite de leurs projets à venir…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s