Proposer des piges 1/3 : la recherche de sujets et de médias

J’entends souvent des pigistes fraîchement sortis d’école dire qu’ils n’ont pas été assez préparés à la suite (la recherche de piges). Dans mon école, en fin de master, une journée et demi a été consacrée à ce sujet. Mais effectivement, sur une formation de deux ans, on peut se demander si c’est assez. Surtout, considérant ce qui nous attendait une fois lâchés dans la nature… De la recherche d’idées, en passant par l’écriture du synopsis et la relation avec les rédactions, tout n’est pas simple. Je me suis donc employée à rassembler quelques conseils issus du bon sens et de ma propre expérience. En trois volets (parce que c’est un peu… lourd à digérer sinon).

Épisode 1 : la recherche de sujets et de médias

Le média

Personnellement, je consacre au moins une journée par semaine à la recherche de sujets. Bien entendu, la recherche de sujets va de paire avec la recherche d’un média dans lequel publier ou diffuser son article, reportage… Cela me semble être évident, pourtant ça ne l’est pas pour tout le monde. Mais il va de soi que si, par exemple, j’ai envie de faire un sujet nouvelles technologies, je ne vais pas le proposer à un magazine féminin. Ça n’intéresserait pas leurs lecteurs.

De même, si j’ai envie de proposer un sujet “mode, beauté” à un magazine féminin, le choix du magazine dépendra de sa ligne éditoriale. J’aurais plus de chance de vendre un article “beauté” pour les ados à un magazine féminin dont le lectorat est âgé de 15 à 25 ans, qu’à un magazine dont la cible serait plutôt des “femmes actives” entre 35 et 45 ans.

Tout cela implique au préalable de bien connaître le paysage médiatique selon si l’on est journaliste radio, tv, ou presse écrite !

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Conseil : il n’est pas inutile de se constituer une sorte de petit catalogue avec des “fiches” sur chacun des médias dans lesquelles vous aimeriez publier. Quelle est la ligne éditoriale ? La fréquence de publication ? Qui sont les personnes à contacter ? Pensez aussi et surtout à bien vérifier que le sujet n’ait pas déjà été fait… Travail fastidieux, mais source qui peut être utile !

Les sujets

Quant à la recherche de sujets en elle-même, il y a plusieurs approches :

  • le sujet “opportun” : vous tombez sur une pépite de reportage ou de portrait. Sur un tout nouveau type de sport qui se pratique au niveau local, dans votre ville (votre voisin en est !) et qui tend à devenir une discipline très populaire. Autre exemple, le sujet peut venir de discussions avec vos amis, ou en tendant l’oreille pendant des discussions de café. Le sujet est alors venu à vous. Il vous faudra simplement trouver le bon angle, et la publication dans lequel il pourrait s’insérer parfaitement.

 

  • le sujet “spécialité” : si vous êtes un habitué des sujets qui concernent, par exemple, l’écologie, vous allez au fur et à mesure de vos articles, vous constituer un petit réseau qui sera votre première source, et pourra vous tenir informé des actualités. Votre fil twitter risque d’être aussi un peu plus “spécialisé” qu’un fil plus généraliste. Et les sujets de “niche” pourront ainsi remonter plus facilement jusqu’à vous.

 

  • le sujet “casse-tête” : celui que vous allez mettre peut-être plusieurs heures à trouver. De fil twitter, en page Facebook, en articles divers… Le reportage que j’ai réalisé à New York (à lire ici) en est une bonne illustration. La belle histoire, dont personne n’avait parlé en France, et sur laquelle je suis tombée via une publication Instagram. À l’époque, je partais en vacances à New York et je voulais en profiter pour écrire un papier sur un sujet “local”. C’était l’occasion. Mais je ne savais absolument pas sur quoi j’allais écrire. De journaux américains, en blogs, en hashtags Twitter et en publications Instagram donc… je suis finalement tombée sur le projet de librairie de Noëlle Santos.

 

Mon expérience ne m’a – pour l’instant – permis de définir que ces trois “types” de moyens pour trouver des sujets. J’imagine donc qu’avec le temps, cet article sera amené à être étoffé. D’ailleurs, si vous connaissez d’autres situations, n’hésitez pas à laisser un commentaire. Toute technique supplémentaire est bonne à prendre, bien sûr !

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Conseil (que j’ai déjà donné dans un article précédent) : n’hésitez pas à rentabiliser vos sujets au maximum. Si vous avez des compétences en radio ou en télé, n’hésitez pas à décliner les supports, en proposant le sujet, abordé sous différents angles, à un journal, une radio, et une télé, par exemple. En veillant bien sûr, à ne pas proposer le même angle à deux médias concurrents, qui risquent de mal le prendre, ou pire, de ne pas vous payer s’ils s’en aperçoivent… 

Dans l’épisode 2, je vous parlerai des premiers contacts avec les rédactions !

 

5 réflexions sur “Proposer des piges 1/3 : la recherche de sujets et de médias

  1. Je ne suis pas sûre que vous preniez le sujet dans le bon sens. Journaliste depuis plus de trente ans, je n’ai jamais vendu un sujet. Ce qui intéresse d’abord une rédaction, c’est la polyvalence rédactionnelle, la qualité d’écriture, la ponctualité… Un redac chef préfère tester un journaliste sur un sujet qu’il a lui même choisi, c’est plutôt cette porte d’entrée qu’il faut privilégier. A priori, un bon journaliste est capable d’écrire vite sur n’importe quel sujet ! Les articles que vous aurez rédigés sont plutôt destinés à vous présenter en l’absence de références.

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    1. Bonjour Florence, merci de votre remarque.

      Effectivement, le sujet peut être abordé de plusieurs points de vue. Du mien, nous n’avons pas forcément la chance que la génération qui nous précède avait. Aujourd’hui, une rédaction qui « vient chercher » un journaliste en début de carrière, ça n’existe pas (ou bien peu). Quand bien même le talent est là, il n’y a pas de place « donnée » d’avance, il faut se la faire sa place. Et cela implique malheureusement aujourd’hui, de devoir « se vendre ». Il n’y a pas de recommandations sans expérience, et très souvent, pour avoir cette expérience, il faut insister. Il suffit de voir le nombre de commentaires de jeunes journalistes désespérés pour constater qu’il ne suffit plus d’être « polyvalent » pour intéresser une rédaction… Quant aux portes d’entrées dont vous parlez, oui, elles existent, mais il n’empêche qu’il faudra se débrouiller pour être inventif et « convaincre » via un synopsis pour… vendre un sujet.

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