La solitude, le « dark side » de l’indépendance

En tant que pigiste, je suis souvent amenée à travailler seule de chez moi. Et parfois, c’est l’angoisse.

C’est un peu le « dark side » de l’indépendance : la solitude du pigiste.

Il n’y a que moi, et seulement moi, face à mon clavier, face à mes responsabilités. Seulement moi, pour me mettre la pression

Être organisé ne se décrète pas, ça se structure. Au départ, forcément, on fait les frais de tous les inconvénients. Mais c’est aussi en se confrontant à des situations inconfortables que l’on peut adapter au mieux, au jour le jour, sa façon se travailler.

Quelques principes de bon sens à connaître : 

(Basés sur ma propre expérience)

  • Structurer sa journée : c’est-à-dire, hiérarchiser ses tâches. Chaque journée doit être organisé en temps de travail et en temps de repos/loisirs, selon un ordre de priorités. Si je dois rendre un article le lendemain, mais aussi réfléchir à d’autres idées de reportages pour la semaine suivante, le risque serait de commencer par la tâche numéro deux parce que c’est celle qui me réjouit le plus. Cela peut sembler une évidence pour certains. Pourtant, notre coquin de cerveau nous sachant seul à la barre peut parfois nous jouer des tours… et nous amener à faire passer le « plaisir » avant le « devoir ». Il faut être vigilant et ne pas se laisser avoir !

 

  • Se laisser un temps de repos : c’est pri-mor-dial ! Il en va de la santé mentale de chacun ! Ne me demandez pas pourquoi, mais au départ, je culpabilisais de travailler de chez moi. J’avais le sentiment de ne rien faire, quand bien même j’étais productive. Pour palier cette sensation, je n’arrêtais pas de la journée. Quitte à faire des tâches absurdes après avoir tout terminé. Je ne m’arrêtais d’ailleurs pas systématiquement pour déjeuner. Ces journées étaient épuisantes. Et finalement, je perdais un temps précieux à procrastiner en fin de journée, le tout, pour me donner bonne conscience.
    Depuis, j’ai compris une chose : je suis beaucoup plus efficace en m’arrêtant deux heures le midi. Je déconnecte. C’est aussi l’occasion de sortir pour rejoindre des amis ou des relations et… voir du monde.

 

  • Voir du monde, faire vivre son réseau : « l’homme est un animal social« , disait Aristote. Et il avait raison. Même en appréciant la solitude, nous avons besoin d’interaction. Ce que l’on retrouve en travaillant en entreprise n’est pas systématique en indépendant. Pas de pause dej’ entre collègues, pas de réunions, pas de potins de Martine à la machine à café
    Sortir et voir du monde permet de ne pas broyer du noir. Et c’est aussi un moyen de faire vivre son réseau. Prendre un café avec un ami journaliste, c’est entretenir son réseau (nous y reviendrons plus en détails dans un prochain article). Se tenir au courant des opportunités dans les rédactions, des offres à venir, partager des conseils… Et c’est aussi la possibilité de parler de ses doutes, de ses questionnements quant à tel ou tel sujet. Et bien sur, cela permet de rester « visible », de montrer et de dire « je suis là », dans un milieu où il est difficile d’exister.

 

En somme, une journée doit être rythmée. Pour être efficace, il faut être dans de bonnes conditions, dans un bon état d’esprit. Difficile, sans une bonne organisation, et de l’interaction.

Malgré tout, ce système peut ne pas plaire à tout le monde. Certaines personnes ont besoin d’un cadre, plus vivant, plus créatif et stimulant. Où aller ? C’est la question que je me pose dans un article consacré à ce sujet : cafés, espaces de travail partagés… où travailler quand on est indépendant ? 

4 réflexions sur “La solitude, le « dark side » de l’indépendance

  1. Bonjour,

    Rédactrice free-lance, j’ai vécu cela pendant plusieurs années. Puis, j’ai réussi à établir un équilibre. Début de journée à 9h30,après une séance sportive, puis coupure entre 12h et 14h pour regarder une série en mangeant ou faire du sport ou manger dehors, puis reprise jusqu’à 18h. Il faut juste trouver sa routine pour travailler efficacement. La coupure est clairement indispensable, je suis d’accord.

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  2. Bravo Marie-Stéphanie pour ce récit de tes premiers pas à la pige ! Je vois que tu as fais ton miel de ta formation et de tes expériences. Je te prédis un bel avenir dans le journalisme en général et la pige en particulier 🙂 !

    Aimé par 1 personne

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