Pourquoi j’ai choisi d’être indépendante.

Parce qu’au départ, je n’avais pas le choix. Tout simplement.

Être embauchée dans une rédaction qui correspondait à mes attentes n’était pas simple. Pour des raisons diverses dont la première : les places sont rares. Et pour un tas d’autres : je ne voulais pas quitter Paris, j’avais pour le moment envie de faire de l’info généraliste et puis… et puis j’étais trop jeune.

Globalement, un/e jeune journaliste qui débute dans un média n’a que peu de chance d’obtenir un CDI tout de suite. Il faut parfois enchaîner les CDD ou les piges des années avant de pouvoir espérer être titularisé. En fait, il faut faire ses preuves.

Tout cela sans compter que de nombreux médias fonctionnent avec un pool permanent de stagiaires souvent non rémunérés (ou si peu) qui font le job des journalistes. Bref, j’ai vite compris qu’un contrat long n’était pas la solution. Ma recherche quotidienne me déprimait, et je voyais bien que ma quête était vaine.

En parallèle, je me suis mise à chercher des idées de sujets que j’aimerais bien réaliser si l’occasion se présentait, et des médias dans lesquels me faire publier. Ce qui fonctionna une première fois. Et une seconde. Et tout bien calculé…

« Tout bien calculé, être indépendante peut être intéressant » me suis-je dit. Voici pourquoi :

  • Être indépendant, c’est ne dépendre de personne (well said) : pas de patron, pas d’obligations. Dire oui ou non ne dépend que de nous, négocier devient plus facile. Organiser ses journées et ses repos aussi. Vous n’avez pas non plus d’étiquette, à moins que vous ne collaboriez avec des médias très orientés.

 

  • Être indépendant, c’est décider de son revenu : « employé/e » quelque part, c’est avoir un contrat (perspicace). Et donc, un salaire fixe. En indépendant, en calculant bien, le salaire augment à mesure que les collaborations se multiplient. Par exemple, très grossièrement : si je collabore à 3 journaux à raison de 2 articles par semaine payés 150 euros net l’article, je gagne 3600 euros. Tandis qu’en travaillant pour un seul et même média, mon salaire stagnera quand bien même on me demanderait d’avoir un rendement de plusieurs articles par jour. Bien sur, tout ce que je dis là peut être contredit. Néanmoins je serais curieuse de savoir quel média rémunère de jeunes journalistes aussi grassement que cela… (ça m’intéresse !). À noter toutefois, qu’être « multimédia » est un avantage et permet de « rentabiliser » une idée de sujet. Par exemple, un sujet écrit peut être décliné dans un angle différent en papier radio, ou inversement. D’une idée, deux sujets naîtront, qui pourront potentiellement intéresser deux médias différents, et donc constituer deux sources de revenus…

 

  • Être indépendant, c’est décider de son temps (et de son organisation) : personnellement, j’ai « mes heures ». C’est bête, mais c’est ainsi. Je sais que je suis plus « créative » à certaines heures qu’à d’autres. Sauf que, de temps en temps, il arrive que ce soit très tard le soir. Le fait d’être indépendante me permet de répondre positivement à cette poussée soudaine de créativité : « oui », dis-je à moi-même, « travaille, tu dormiras une heure de plus demain ». Organiser ses vacances peut aussi – mais pas systématiquement – s’avérer plus simple. Pas systématiquement parce que les piges « journée » dans un média ne peuvent, a priori, pas être déplacées. Néanmoins, en étant force de proposition et en travaillant à domicile, décider d’activer le mode « mute » devient plus simple, quelques jours, une semaine ou plus. Quant aux dead-lines, elles sont définies en cohérence avec le sujet s’il se rattache à l’actualité et en accord avec le rédacteur en chef de la publication. Les exemples sont nombreux qui me laissent penser qu’avoir sa propre organisation est plus intéressant. Cependant, ce mode de fonctionnement ne convient pas à tout le monde. Certaines personnes ont besoin d’avoir un cadre fixe, d’être guidées, épaulées et soutenues.

 

  • Être indépendant, c’est pouvoir bouger : si rien ne vous retient, libre à vous de tenter la vie d’expat, et de faire des piges de l’étranger…

Mais il y a aussi des inconvénients…

Bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle.

En tant qu’indépendant, vous êtes normalement payés en salaires, et cotisez pour le chômage. En revanche, pas de congés payés, ni de mutuelle… Mais encore une fois, avec une bonne organisation, il est possible de prendre des vacances sans avoir à trop se soucier de quoi que ce soit. Quant à la mutuelle, en souscrire une à côté est également une possibilité.

Et puis, il y a aussi la difficulté d’emprunter, les banques étant très frileuses à l’idée de prêter de l’argent à une personne dont l’emploi n’est pas qualifié de « stable ». Ce qui est d’ailleurs absurde : un journaliste indépendant qui collabore régulièrement avec un média a peu de chance de ne pas être « stable ». En excluant qu’il ne stoppe la collaboration de son plein gré ou suite à une bourde, ou bien que le média ne mette la clef sous la porte, cette fidélité ne sera pas rompue. Elle est tout justement la preuve de l’inverse.

Mais bon, là, on n’est plus sur le même sujet.

Cet article a vocation a être enrichit de vos expériences, alors n’hésitez pas à les partager ! 

 

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